mardi 19 mai 2015

Réforme du collège : loin des clichés, une avancée pour tous les élèves

Ah, elle fait parler et couler beaucoup d’encre cette réforme du collège !
C’est un peu comme avec le football où chaque supporter a envie de se prendre pour l’arbitre, les Français que nous sommes sont tentés, avouons-le, de se prendre pour le Ministère parce que nous sommes tous passés par l’école et en avons notre propre expérience.
Alors, n’étant pas moi-même professionnel de l’éducation, je me livrerai pas à une analyse emplie de certitudes sur cette réforme, simplement à quelques réflexions face aux attaques simplistes entendues ici ou là… Personne ne veut d’un collège « au rabais », personne ne veut « niveler par le bas », et tout le monde s’accorde à dire que le collège actuel ne produit pas les résultats attendus pour nos jeunes. Alors que faisons-nous ?

Nous ne sommes plus dans une société essentiellement agricole et industrielle mais dans un pays où les services interconnectés peuplent notre quotidien. La France change, les emplois de demain ne seront plus tous ceux d’hier. Rien ne me choque par conséquent à ce que l’école - et le collège en particulier - évolue, que mes enfants ne connaissent pas l’école que j’ai connu moi-même et encore moins celle de mes parents. Rien ne me parait plus normal.
Lorsque nous nous quittons le milieu scolaire pour entrer dans la vie professionnelle, nous mettons à profit un ensemble de savoirs et de capacités que nous brassons dans l’exercice de notre métier. La vie n’est pas faite de lignes parallèles qui ne se rencontrent jamais, alors pourquoi l’école devrait toujours segmenter les apprentissages par matière sans jamais les entrecroiser ? Qu’y a-t-il de révoltant à vouloir faire travailler de temps en temps des élèves sur un projet qui fasse à la fois appel à du français, de l’histoire, des sciences… C’est bien ce qui les attend plus tard dans leur vie d’adulte ! Alors préparons-les à la vraie vie ! En ce sens, l’interdisciplinarité n’est pas à bannir, au contraire, même si elle doit s’appuyer, et chacun en convient, sur un socle de connaissances de base solides pour être efficace. N’opposons pas les deux par facilité.

Ensuite, chacun s’accorde à dire que les élèves sont tous différents, avec leurs centres d’intérêts, leurs qualités et leurs difficultés, qu’on ne peut pas obtenir les mêmes résultats pour tous avec une unique méthode d’apprentissage. En ce sens, donner un peu d’autonomie aux établissements scolaires, faire confiance aux équipes éducatives en leur offrant un peu de souplesse et de liberté me parait judicieux. C’est elles qui sauront le mieux ce qu’il conviendra d’enseigner - et comment l’enseigner - aux élèves qui seront face à elles. Laisser un volume horaire à leur discrétion pour travailler en groupes plus réduits peut être profitable à chacun : aller plus loin avec des élèves qui apprennent facilement, revenir sur les connaissances mal acquises par le passé avec des élèves plus en difficulté. Ce n’est pas niveler par le bas, c’est simplement s’adapter à l’hétérogénéité des élèves et éviter qu’ils ne décrochent d’une école qui ne leur conviendrait pas, soit parce qu’elle ne leur permet pas de rattraper leur retard, soit parce qu’elle ne leur offre pas la possibilité d’approfondir un domaine qui les passionne.

Chaque jeune doit parvenir au terme de sa scolarité en se disant que l’école de la République lui a été utile et non pas qu’elle l’a obligé à se diriger vers une voie qui n’était pas la sienne. Il doit pouvoir choisir son avenir par son travail et son intérêt pour un secteur professionnel, pas le subir en raison de sa naissance et son milieu social d’origine.
C’est bien cela l’idéal méritocratique républicain auquel il n’est pas insensé de croire. C’est ce qui anime l’actuelle Ministre de l’Éducation Nationale et la raison pour laquelle je la soutiens.

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